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Le Cardinal Jean-Pierre RICARD est en Guadeloupe

 

« Quatre portes d’entrée dans l’expérience chrétienne »
avec le Cardinal Jean-Pierre Ricard


De passage en Guadeloupe pour la grande journée de l’Enseignement Catholique Diocésain le vendredi 12 octobre, le Cardinal Jean-Pierre Ricard, responsable de l’enseignement catholique au sein de la Conférence Episcopale Française, est un homme habité par « l’amour du Christ et de l’Eglise »,  et son sourire paisible mais décidé en dit long sur la conviction qui l’anime depuis toujours, à savoir celle de Paul VI dans son exhortation Evangelii Nuntiandi (1975) : « l’Evangélisation c’est l’Etre le plus profond de l’Eglise ». Paul VI sera d’ailleurs canonisé le 14 octobre prochain par le pape François : voilà un beau repère pour nos vies de chrétiens.

Pasteur du département important qu’est la Gironde (9976 km2 (6,5 fois la Guadeloupe) ; 1 550 000 habitants), l’archevêque de Bordeaux nous parle d’emblée du Synode que son diocèse vient de vivre : « Le 29 septembre dernier, nous avions la grande assemblée de conclusion qui a promulgué les décisions synodales importantes, et quatre grandes convictions ont été dégagées que je suis heureux de partager avec les chrétiens de Guadeloupe ».

« Tout part de l’importance liée à la relation personnelle avec le Christ. Si l’on est chrétien c’est en effet un choix personnel qui nécessite surtout dans le monde d’aujourd’hui une formation et un ressourcement permanent, car l’amitié avec le Seigneur ça se nourrit, insiste Mgr Ricard, et c’est de l’ordre de la responsabilité de l’Eglise, des communautés et des familles : prière, adoration, vie sacramentelle régulière, et lecture de la Paroles de Dieu sont les points d’ancrage indispensables. Saint Jérôme ne disait-il pas : « Ignorer les Ecritures, c’est ignorer le Christ ! » D’où la nécessité de soigner la qualité de nos célébrations liturgiques, de se ressourcer régulièrement, de privilégier la formation permanente, et de ne pas craindre la confrontation avec le monde. « Il convient d’entrer pour soi-même dans l’intelligence de la foi afin d’être prêt à rendre compte de l’espérance qui est en nous, comme dit saint Pierre. Savoir saisir l’importance de la catéchèse des adultes ; c’est un défi présent à ne pas louper, note Mgr Ricard».
Les trois autres grandes convictions dégagées du Synode du diocèse de Bordeaux, après la Formation :

-L’Evangélisation : sortir d’une « pastorale de la conservation » pour une pastorale missionnaire. Une Eglise ouverte. Mgr Ricard s’appuie sur les lettres si percutantes à ce niveau du Pape François. « aller à la rencontre, privilégier coûte que coûte le dialogue avec nos frères chrétiens, mais pas seulement eux, avec tous les hommes même ceux qui ne viennent pas ou que l’indifférence a anesthésiés. Celui qui a été touché par le Christ ne peut pas ne pas le donner. » Et le cardinal a cette percutante : « l’Evangélisation ne se fait pas par prosélytisme mais par contagion ! »

-La Fraternité : grandir dans la Fraternité. « Ce n’est pas facile, mais les gens aujourd’hui y aspirent tellement ! ». Cette Fraternité est nécessaire pour relever le défi de l’Evangélisation. Qu’on le veuille ou non, « Dieu qui nous aime est source de Fraternité ». C’est une conversion a toujours cultiver. C’est un travail, un combat spirituel. « Qui se décline, selon Mgr Ricard, en plusieurs paliers : la fraternité entre les prêtres (quand un presbyterium n’est pas fraternel, il court de grands risques et de vrais dangers) ; la fraternité entre prêtres, diacres, religieux, laïcs engagés (quand cette fraternité est authentique elle porte tant de fruits) ; la fraternité dans nos communautés chrétiennes (qui doit repousser les tensions, les luttes de pouvoir… etc). « Je crois beaucoup aux petites fraternités de quartiers qui cultivent la prière, le travail en commun, la lecture de la Parole de Dieu, l’ouverture aux autres… loin des replis frileux ou des amitiés confortables, note Cardinal Ricard ».   

-L’obligation : une attention à tous ceux pour qui la vie est dure ! « Se faire réellement proches de toutes celles et tous ceux qui souffrent : précarité, maladie, solitude, migration, dépression, isolement affectif… nos communautés ont à être présentes, et ce n’est pas facultatif ni optionnel. La charité dans tous nos espaces de vie, dans nos familles… Dans mon diocèse, j’ai mis en valeur la Diaconie : tous ceux qui font quelque chose dans ce domaine, et qui doivent être reliés et s’épauler en vérité ; j’y tiens beaucoup, conclut Mgr Ricard »

Enfin et pour éclairer tout son propos Cardinal Ricard de préciser que ces quatre points doivent être tenus ensembles, ce sont quatre portes d’entrée dans l’expérience chrétienne qui ne sont pas interchangeables mais qui doivent absolument s’articuler et se relier entre elles. Ainsi nos familles tiendront le coup, et ainsi des vocations en naîtront !  Beau programme en effet, merci Mgr Ricard !
 
Jean-Marie Gauthier

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