1ère session de ressourcement des établissements scolaires diocésains Antilles Guyane du 11 au 14 juillet 2022 en Guyane

Sous la houlette de Mgr David Macaire et de Mgr Alain Ransay, en présence des directeurs diocésains Madame Chantal Smith pour la Guyane, Madame Gisèle Chalono pour la Martinique et le Père Thierry Saint-Clair pour la Guadeloupe, s’est tenue la première session de ressourcement des établissements scolaires diocésains Antilles Guyane du  11 au 14 juillet 2022 au Centre spirituel Sainte Thérèse à Cayenne.

 

Cette session avait pour objectif de :

– Rassembler les principaux responsables des établissements sous tutelle diocésaine des Antilles Guyane pour se rencontrer, se connaître, faire réseau

– Partager autour de sujets de première préoccupation pour faire mieux vivre les établissements catholiques sous tutelle diocésaine.

Les délégations de Guadeloupe et Martinique ont été chaleureusement accueillies lundi 11 juillet par Monseigneur Ransay et Madame Chantal Smith, directrice diocésaine de la Guyane à l’aéroport Rochambeau de Cayenne.

 

Le séjour a été agrémenté de temps réflexion et de cohésion autour d’activités ludiques pour renforcer les liens entre les participants.

 

Mgr David Macaire a ouvert la session le mardi par une conférence sur la Doctrine Sociale de l’Eglise, encore appelée la Pensée Sociale de l’Eglise.

 

Après un rappel historique des différents textes qui ont conduit à la construction de cette doctrine rassemblée au sein du Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise publié en 2005, il a rappelé les grands principes de cette doctrine :

– La dignité de la personne humaine

– Le bien commun

– La subsidiarité et la suppléance

– La solidarité

 

Il nous a partagé quelques convictions personnelles :

– Tout homme est une histoire sacrée à l’image de Dieu, y compris ceux qui sont aujourd’hui sans domicile fixe ou qui ont sombré dans les addictions.

– Toute société est comme une chaine : chaque personne a des devoirs, une fonction et des droits reconnus et le droit à être reconnu dans sa fonction

– La force d’une société se mesure à la façon dont sont traités les plus fragiles ; l’option préférentielle pour les pauvres fait partie des grands principes.

 

Après cet enseignement, les participants ont été répartis en six ateliers. Les restitutions sont venues conclure cette séance de réflexion à partir de cas pratiques pour travailler et proposer des solutions en tenant compte des principes de la Doctrine Sociale de l’Eglise.  

La seconde journée a été animée par Mgr Ransay pour une réflexion autour du pacte éducatif global. Il rappelle qu’un « pacte » s’entend au sens d’une alliance ; il est dit « global » car les enjeux environnementaux dépassent le simple cadre national et concernent l’ensemble du globe ; enfin il est entendu comme « éducatif » car il est question de former « des personnes mûres, capables de surmonter les morcellements, les oppositions , et recoudre le tissu des relations en vue d’une humanité plus fraternelle ».

 

Cependant il précise que deux problèmes contemporains rendent plus difficiles l’éducation de nos jours comme nous l’indique le Pape François :

– « L’éducation se heurte à ce que certains appellent « rapidación », qui emprisonne l’existence dans la spirale de la vitesse technologique et numérique, en changeant constamment les points de référence. Dans ce contexte, l’identité elle-même perd de la consistance et la structure psychologique se désintègre face à un changement incessant » (Laudato si’, n. 18). »

– « Nous vivons un changement d’époque : une métamorphose non seulement culturelle mais aussi anthropologique qui engendre de nouveaux langages et rejette, sans discernement, les paradigmes qui nous sont offerts par l’histoire. »

Aussi, il est important de comprendre que chaque changement nécessite un parcours éducatif pouvant impliquer plusieurs acteurs au sein de ce qu’il décrit comme « village global de l’éducation ».

 

Ainsi le Pape François rappelle dans le Discours aux membres du Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège pour la présentation des vœux pour la nouvelle année, 9 janvier 2020, que « L’éducation ne s’arrête pas dans les salles de classe des écoles ou des Universités, mais elle est assurée principalement en respectant et en renforçant le droit primaire de la famille à éduquer, et le droit des Églises et des groupements sociaux, à soutenir et à collaborer avec les familles dans l’éducation des enfants ».

 

Ceci étant l’essence même de l’existence de nos établissements catholiques diocésains.

 

Il a précisé ensuite les sept engagements qui ont été pris en compte pour mettre en œuvre ce pacte éducatif global :

– Mettre la personne au centre

– Écouter les jeunes générations

– Promouvoir la femme

– Responsabiliser la famille

– Ouvrir à l’accueil

– Renouveler l’économie et la politique

– Prendre soin de la maison commune

En conclusion, il a cité Anna Arendt, in La Crise de l’éducation, Paris, Gallimard, 1972 : « l’éducation est le point où se décide si nous aimons assez le monde pour en assumer la responsabilité et, de plus, le sauver de cette ruine qui serait inévitable sans ce renouvellement et sans cette arrivée de jeunes et de nouveaux venus. C’est également par l’éducation que nous décidons si nous aimons assez nos enfants pour ne pas les rejeter de notre monde, ni les abandonner à eux-mêmes, ni leur enlever leur chance d’entreprendre quelque chose de neuf, quelque chose que nous n’avions pas prévu, mais les préparer d’avance à la tâche de renouveler un monde commun ».

 

Quelques ateliers ont ensuite permis aux participants de se projeter dans le fonctionnement de leur institution au regard des attendus de ce pacte. Il s’agissait de réfléchir sur la mission, son exécution, les améliorations à y apporter avec la définition d’indicateurs pour en mesurer l’action.

 

Ces temps de travail ont été entrecoupés par la découverte de quelques sites en Guyane : le parc zoologique, le marché de Cayenne et les Iles du Salut sans oublier quelques passages culturels avec le groupe Les Flamboyants de Macouria qui nous ont fait découvrir quelques danses du folklore guyanais.

 

Une mention spéciale pour l’accueil et la cuisine des sœurs du centre spirituel de Sainte Thérèse qui ont largement contribué à rendre ce séjour agréable.  

 

Un grand merci à la directrice diocésaine de Guyane et ses équipes autour de Monseigneur Ransay pour avoir donné à ce temps de cohésion des équipes Antilles Guyane et de ressourcement une note de simplicité,  de sobriété le tout arrosé d’humilité.

 

Rendez-vous l’année prochaine en Guadeloupe pour la 2ème édition de cette session de ressourcement des établissements scolaires diocésains Antilles Guyane du  10 au 15 juillet 2023.